Eloi Rousseau





100 Lieux Urbex A couper le souffle d'Eloi Rousseau... Au fil des pages, au fil des photographies... Faites le tour du monde... Imaginez, réinventez tous ces lieux oubliés, fantastiques, merveilleux, fascinants...

Du parc d'attraction de Nara au Japon à la Vallée des Moulins en Italie... Afrique, Amérique, Océanie, Asie, Europe... Les plus incroyables de la planète...
Anciens orphelinats, églises en ruine, usines désaffectées, parcs d'attractions abandonnés, hôtels, hôpitaux, théâtres ou gares aujourd'hui vides, sur tous les continents, des sites laissés à la nature, repris par les street artistes, redécouverts par les explorateurs urbains.
L'auteur vous propose une aventure étourdissante, une histoire mouvementée de ces lieux à la beauté singulière où le temps semble être suspendu...

Pourriez-vous nous donner une définition du mot Urbex...
Il y a plusieurs manières de voir l'exploration urbaine. De mon point de vu, c'est une manière de visiter un monde abandonné par les hommes. Le goût des ruines est ancien, il existe depuis que l'archéologie prend forme à la fin du XVème siècle et devient une véritable mode avec le Grand Tour au XVIIIème.  
Les amateurs d'Urbex s'intéressent pour leur part aux constructions et aux lieux relativement récents dont l'origine remonte au XIXème, et plus encore au XXème siècle.
Il s'agit d'une exploration d'un monde contemporain en train de disparaitre. Il ne s'agit pas d'être guidée par une curiosité malsaine mais plutôt d'aimer regarder et découvrir ce qui à parfois été le fruit de tant d'énergie et de passion et qui est aujourd'hui oublié et délaissé. C'est aussi une manière, parfois un peu aventureuse et sportive, de contempler et de s'interroger notre société.

L'on dit que cet engouement vient des États-Unis... Vous pouvez nous en dire un peu plus...
Pour des raisons liées à la société américaine elle même, les États-Unis semblent en effet le lieu de naissance de l'urbex moderne. En raison de leur histoire relativement récente, ils ne possèdent pas de ruines anciennes.
Ils n'ont ni cathédrales gothiques, ni vieux châteaux à visiter. Mais surtout, il s'agit d'une société dans laquelle, dès le temps des pionniers, on a beaucoup construit, exploité puis abandonnée certains lieux. La place assez faible des pouvoirs publics à conduit à la faillite de ville entières ou d'ensembles industriels gigantesques sans que des entreprises de réhabilitation soient envisagées. Dès lors, le pays est couvert de friches et d'édifices laissés en désuétude. On pense ainsi aux cités de la
« Rust belt » au nord mais aussi aux villes de chercheurs d'or de l'Ouest. Les explorer, c'est retrouver une part de cet histoire américaine, partir sur les traces de la splendeur et de la chute.

De plus, s'il est possible, comme en Europe, de « visiter » de grands centres industriels abandonnés il est aussi possible de découvrir des monuments grandioses, chefs d'oeuvre de leur temps comme l'illustrent les grands hôtels, théâtres, salles de spectacles, gares de Détroits ou de Buffalo.

Existe-t-il plusieurs types d'explorations...

Oui, bien sûr ! On peut d'abord partir à l'autre bout du monde ou rester à quelques kilomètres de chez soi ! Et puis il y a les amateurs de sensations fortes, de lieux à l'histoire chargée voir tragique. Ces passionnés de
 « Dark tourism » sont d'ailleurs parfois habités d'un imaginaire très cinématographique issu des films d'horreur ou de catastrophe ! Certaines de ces « explorations », souvent illégales, sont dangereuses en raison de l'état des lieux visités. Souvent réalisées à la manière de spéléologues, les mener relève donc aussi d'une forme d'exploit sportif et comporte des risques. Elles tiennent aussi de «  la chasse aux trésors » même si, il n'y a en général rien à rapporter de précieux de ces ruines et que les vidéos présentes sur youtube relève bien souvent de la mise en scène des plus exagérée. Et puis, il existe une exploration plus modeste. Le lieu à atteindre ou à découvrir peut être le prétexte a une belle balade, voir davantage quand il s'agit de visiter un fort d'altitude ou un ancien village perdu dans les montagnes ou le désert. Dans ces cas-là, il y a souvent peu de chose à vraiment découvrir si ce n'est un site insolite et souvent magnifique.  

Faut-il être une urbexeuse avertie, un urbexeur averti, pour parfaitement s'imprégner de votre livre...
Non ! Pas du tout ! Un grand nombre des lieux que je présente sont facilement accessibles pour ceux qui le désirent, pour peu que l'on ait l'envie et les moyens de s'y rendre mais cela n'enlève rien au plaisir de la découverte ! D'autres sont cependant franchement déconseillés, voir extrêmement risqués comme c'est le cas de certains bâtiments, à l?instar des hôpitaux psychiatriques Ecossais ou de lieux situées dans des zones de guerre. Pour moi, la lecture de l'ouvrage est surtout une invitation à la rêverie, à la découverte d'une histoire humaine parfois teintée de frisson ou de nostalgie, d'anecdotes qui éclairent sur un moment historique.

Comment avez-vous sélectionné ces 100 magnifiques et surprenants lieux...
Le choix est le résultat d'un travail avec l'éditeur, en fonction de différents critères. Nous avons essayé de ne pas évoquer les lieux les plus les célèbres de l'Urbex dont la visite relève parfois aujourd'hui du tourisme de masse.

Nous avons aussi essayé de monter des sites d'Urbex repartis un peu partout sur la planète et de nature très différentes. Pour certain, il est possible de s'y rendre en week-end ou que l'on soit en France, pour d'autre s'il s'agit de véritables expéditions !
Notre objectif était aussi de surprendre le lecteur, de lui offrir des moments d'évasion.

Pouvez-vous nous raconter vos deux, trois plus beaux souvenirs lors de vos explorations...
Paradoxalement, mon souvenir le plus marquant n'est pas lié à un site récent. Il s'agit de la découverte de la ville d'Ani entre la Turquie et l'Arménie. Approcher de ce site gigantesque, cette ancienne capitale médiévale au milieu d'une steppe entourée de sommets enneigés est extraordinaire. L'endroit était désert. On déambule au milieu de restes d'églises aux fresques encore visibles. On a du mal à imaginer les raisons qui ont mené à l'abandon d'une telle cité. C'est absolument magnifique.


Je trouve que les parcs abandonnés, qu'il s'agisse de celui de Berlin ou de la Nouvelle Orléans ont aussi une coté fascinant. Ils sont fantastiques par essence et voir ces endroits autrefois pleins de rire baignant désormais dans le silence a quelque chose de stupéfiant.

Bien entendu, l'exploration de lieux comme « l'asile » de Denbigh est très marquante. Je trouve dommage que certaines personnes s'amusent à faire courir des légendes absurdes, souvent horribles, sur ces endroits.
Leur architecture est déjà suffisamment inquiétante et leur véritable histoire assez terrible pour que ces lieux ne laissent pas indifférents.

Mais il est inutile de partir très loin. On peut effectuer des explorations partout ! Ma première « visite » est celle d'un bagne pour enfant sur le plateau du Larzac. On s'y rendait par un tunnel creusé dans la roche long d'une quarantaine de mètres et sans lumière qui débouche sur un gouffre éclairé naturellement. Les casiers et les étagères étaient encore là. La mouse avait recouvert les tables de travail et les objets rouillés. Dans cet endroit froid et souterrain, il est aisé d'imaginer le calvaire de ces jeunes garçons qui avaient été condamnés à travailler là jusque dans les années 1930 !  



100 Lieux Urbex
A couper le souffle
Eloi Rousseau

Editions Larousse

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www.larousse.com

Éloi Rousseau est historien de l'art, auteur des Lieux secrets et interdits chez Larousse. Il collabore depuis 2004 avec la revue DADA.


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