Stéphane Huin Directeur de la Communication et du Développement commercial pour Auvergne Thermale / La Route des Villes d'Eaux/ Thermhôtel, investi, oeuvre depuis plus de 20 ans dans le Thermalisme, nous confie sa vision dans l'avenir de cette thérapie, avec lucidité, ambition et intuition, à l'heure où les Cures Thermales revoient le jour...
Stéphane mêle harmonieusement des éléments symboliques forts, qui racontent ce qui rend le Thermalisme unique, mais aussi et surtout ces Stations Thermales d'Auvergne qui ont une signature commune. Chacune a son identité, sa voix, son style et sa cadence pensés avec harmonie. Toutes sont animées par les mêmes exigences de rigueur, de chaleur, et de bienveillance. Ce lien invisible, fidèle, sincère et vivant, tissant l'unité de cette région.
Les Thermalies Lyon et Paris, les divers salons, notamment le dernier à Toulouse, sont-ils encore pour vous la référence au service de la santé par l'eau...Les salons comme les Thermalies de Lyon et Paris restent des rendez-vous majeurs pour notre secteur.
Ils constituent une vitrine nationale incontournable du thermalisme et permettent un contact direct avec le public, les prescripteurs et les partenaires institutionnels.
Les éditions 2026 ont d'ailleurs confirmé cette dynamique, avec une fréquentation soutenue et un réel intérêt du public pour la santé par l'eau, preuve que le thermalisme a toute sa place dans l'arsenal thérapeutique et le développement de la prévention.
Par ailleurs, nous testons cette année, pour la première fois, les Salons Thalasso, Spa et Cures Thermales, à l'initiative de Dominique Ferrandon, président du GIE Auvergne Thermale Qualité.
Nous serons présents à Limoges, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg et La Rochelle, aux côtés alternativement des Thermes de Bourbon-Lancy, des Thermes de Royat, des Grands Thermes de La Bourboule ainsi que de la Société Thermale CALEDEN, partenaires de cette opération de promotion.
Vous êtes professionnel du Thermalisme depuis plus de 20 ans... Les demandes des curistes sont-elles complètement différentes, peut-être plus exigeantes aujourd'hui...En plus de vingt ans d'exercice dans le thermalisme, j'ai constaté une évolution très nette des attentes.
Le curiste d'aujourd'hui est mieux informé, plus autonome et naturellement plus exigeant, tant sur la qualité des soins que sur l'accueil et l'accompagnement.
Il ne vient plus seulement« faire une cure », mais rechercher une prise en charge globale et personnalisée, intégrant l'activité physique, la nutrition, la gestion du stress et le suivi dans la durée.
La dimension préventive occupe désormais une place centrale, tout comme la demande de preuves scientifiques sur l'efficacité des soins.
Cette évolution est positive : elle nous pousse à élever en permanence notre niveau d'exigences et à inscrire le thermalisme dans une logique moderne de santé durable.
Pour quelles raisons les Stations d'Auvergne Thermale sont-elles prisées à ce point...Les stations thermales d'Auvergne sont particulièrement prisées car elles réunissent des atouts rares sur un territoire. Leur richesse hydrominérale exceptionnelle, issue d'un patrimoine volcanique unique, permet une diversité d'orientations thérapeutiques reconnues (les 12 orientations thérapeutiques du thermalisme français).
Cette singularité scientifique constitue un véritable marqueur de qualité et de crédibilité médicale.
Au-delà de l'eau, c'est aussi un territoire qui fait la différence. L'Auvergne offre un environnement naturel préservé, un climat favorable et un cadre propice à la récupération et à la prévention. Les stations ont su conjuguer tradition thermale, modernisation des équipements et montée en gamme de l'accueil.
Enfin, elles portent une véritable culture de la santé durable : prise en charge des maladies chroniques, programmes complémentaires d'activité physique, éducation thérapeutique et prévention.
Ce positionnement clair explique l'attractivité croissante des stations thermales d'Auvergne auprès d'un public fidèle, mais aussi de nouvelles générations de curistes.
21 jours de cure thermale parfois difficiles à envisager pour les personnes qui sont encore en activité... Pensez-vous que les cures courtes, 6 à 12 jours sont l'avenir...La cure thermale conventionnée de 21 jours demeure aujourd'hui la référence médicale, car c'est sur cette durée que reposent les études cliniques ayant démontré son efficacité.
Elle reste le socle du modèle thermal français.
Cependant, les modes de vie évoluent et les contraintes professionnelles rendent parfois difficile l'engagement sur trois semaines consécutives, notamment pour les actifs.
Dans ce contexte, les cures plus courtes, de six à douze jours, peuvent représenter une solution complémentaire pertinente. Elles constituent une première approche du thermalisme, un temps de prévention ou un accompagnement ciblé dans un parcours de soins.
Elles ne remplaceront sans doute pas la cure traditionnelle, mais elles pourraient en devenir un prolongement stratégique, à condition d'être évaluées avec la même rigueur scientifique.
Ou en France, sommes-nous prêt à proposer la cure partagée en 2 temps, 10 et 10 jours selon la disponibilité du curiste, comme pratiquent déjà certaines stations en Europe...Le principe d'une cure répartie en deux périodes distinctes, par exemple dix jours puis dix jours, existe déjà dans certains pays européens et mérite d'être étudié avec attention. Il répond à une réalité contemporaine : les contraintes professionnelles et personnelles rendent parfois difficile une absence prolongée et continue.
En France, le modèle des 21 jours consécutifs est solidement ancré, notamment parce qu'il repose sur des bases scientifiques précises et validées. Toute évolution doit donc s'inscrire dans un cadre rigoureux, afin de garantir le maintien de l'efficacité thérapeutique.
Il serait néanmoins pertinent d'envisager des expérimentations encadrées, permettant d'évaluer l'impact médical, l'adhésion des patients et les conséquences organisationnelles et économiques. L'enjeu est de concilier adaptation aux évolutions sociétales et exigence scientifique, sans fragiliser ce qui fait la force du thermalisme français.
Il a été envisagé cette année de ne plus rembourser intégralement les cures thermales... Pour pallier à cette éventualité, pensez-vous que les stations thermales doivent multiplier leurs études afin de prouver l'efficacité d'un séjour thermal, notamment économie de prise de médicaments, moins ou plus du tout d'hospitalisation... Avez-vous d'autres suggestions...La question du remboursement impose en effet de renforcer encore notre démonstration scientifique. Le thermalisme doit continuer à produire des données solides et mesurables prouvant son efficacité, notamment en matière de diminution de la consommation médicamenteuse, de réduction des hospitalisations et d'amélioration durable de la qualité de vie. L'argument médico-économique est central : il sagit de montrer que la cure thermale représente un investissement en santé publique et non une dépense.
Au-delà des études cliniques, plusieurs leviers peuvent être activés. Le développement de partenariats universitaires, la structuration de suivis post-cure plus systématiques, la digitalisation des données de santé et une meilleure information des médecins prescripteurs sont essentiels. Il est également important de valoriser davantage la dimension préventive du thermalisme, qui répond pleinement aux enjeux actuels liés aux maladies chroniques et au vieillissement de la population.
La crédibilité du secteur repose sur sa capacité à conjuguer tradition, innovation et rigueur scientifique.
Auvergne Thermale / La Route des Villes d'Eaux/ Thermhôtel
8 avenue Anatole-France 63130 Royat
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